Chan Chan et le musée de Sipan

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Chan Chan  ( 20 Juin 2010)
La zone archéologique de Chan Chan se trouve à 5 km de Trujillo.
Chan Chan, c'est une citadelle de terre.
C'est la plus grande ville précolombienne, nous sommes dans la capitale de la civilisation Chimu qui succéda à celle des Moche
( en français Mochicas).
Elle connu son apogée entre les XII et le XV ième siècles.
La chute de ce peuple eut lieu à la fin du XV ième siècle, elle mettait fin à un siège de 10 ans tenu par les Incas.
Les Incas furent vainqueurs en coupant les arrivées d'eau de la cité.
Cette victoire est de courte durée puisque les Espagnols arrivent en 1532 et occupent les lieux.
La cité de Chan Chan s'étendait  sur 24 Km2 et comprenait 9 citadelles ou vivaient 100.000 habitants.
Chaque citadelle abrite un tertre funéraire ou est enterré le roi qui a fait construire la cité.
Pour le moment, seule la forteresse Tschudi est en cours de restauration, un travail colossal attend les archéologues.
Cette cité mesure 444 mètres de long et 333 mètres de large.
Partons à sa découverte..

On entre par une allée étroite bordée de murs épais de 5 mètres de large et d'une hauteur de 11 mètres.
Cette entrée est dépourvue de porte mais la citadelle n'est pas visible de l'extérieur puisqu'elle est entourée de hauts murs construits en briques composées  d'argile, de sable et de petites pierres.
On arrive dans une grande salle carrée: la place des cérémonies et des sacrifices.

On se représente le chef arrivant dans cette salle, assis sur une chaise, transporté par quatre hommes.

Tout autour de cette salle, on peut voir une grande frise qui représente des vagues sur une hauteur de 2 m et sur le bas une
petite frise avec des loutres  de mer, elles annonçaient la période de  la pêche.
Des tapis étaient déroulés sur la place centrale ou le chef prenait place.
Les gens s'installaient sur un banc en pierre qui faisait le tour de la salle.
Il y avait trois niveaux de hauteur selon le niveau social des gens:   les nobles étaient assis plus haut, le petit peuple plus bas.
Des offrandes étaient déposées à l'entrée.
Il n'y avait pas de sacrifice humain, ouf!


Cette frise représente les filets des pêcheurs, en bas les pélicans.   La mer est représentée par les vagues et les poissons.

Les lieux ou l'on déposait les offrandes.

Les habitations des prêtres sont assez particulières, chacune a une décoration selon la nature du savoir que le prêtre détenait
(médecine, réseau hydraulique....). Les prêtres habitaient avec leur famille.

Habitations des prêtres et de leur famille.


Un grand mur sépare le côté de la vie et le côté de la mort. Le cimetière est immense.
On remarque une tombe centrale, au fond, ou sont enterrés le roi et la reine et 12 chambres sur les côtés, destinées aux concubines.
Il arrivait souvent que les concubines se fassent enterrer vivantes à la mort du roi!
Dans la tombe du roi, devaient se trouver des poterie, des bijoux qui, hélas, ont été dérobés par les pilleurs de tombes avant l'arrivée des archéologues.

Les Chimus adoraient la lune et la mer qui étaient leurs divinités.
Alors que le Machu- Pichu est une succession de marches, la cité de Chan Chan ne possède pas une seule marche.
Les différents niveaux sont accessibles grâce à une rampe.
Le sol était lisse, les gens marchaient pieds nus sauf les nobles qui pouvaient se chausser.

 
Le roi, toujours porté par ses quatre serviteurs, déambulait le long d'une grande allée, bordée de  deux "trottoirs" surélevés.
De chaque côté, sur les trottoirs, des marchands présentaient leurs marchandises: des étoffes, des poteries, des coquillages que
l'on trouvait au Panama ou à l'Equateur qui ont des mers plus chaudes.
Le roi était annoncé grâce au son du coquillage.


La salle des audiences composée de douze emplacements ou prenaient place les "sages" qui représentaient chacun une région.
On échangeait les différents savoirs et c'est là aussi que se décidait la répartition des richesses.
A leur mort, chaque sage était représenté par une statue de bois sculptée.

 
La cité était pourvue d'un étang d'eau douce autour duquel  le peuple prenait place pour assister aux sacrifices
( d'animaux)  qui avaient lieu tous les 28 jours de la pleine lune qui se reflétait dans l'eau.

Pendant la durée de la visite, José, notre guide qui parlait français, a su nous faire revivre la vie de ce peuple Chimu ,
il y a plus de 1000 ans.
De 1532 à 1964, le site a été abandonné. Depuis 1964, les archéologues ont entrepris un long travail de recherche.
Chan Chan est déclaré au patrimoine mondial de l'humanité.

Infos aux camping-caristes et aux futurs camping-caristes:
Nous avons fait cette visite en taxi depuis Huchanchaco, prix 30 sols, le taxi nous a attendu puis nous a amené visiter le musée.
Prix de l'entrée:52 sols pour 2 avec un guide. La présence d'un guide est indispensable si l'on veut avoir des informations.

La découverte de ce site est passionnante et nous n'avons pas vu passer le temps.

Le lendemain, nous rebroussons chemin d'une trentaine de kilomètres pour aller visiter un autre site que nous avions raté
en venant, c'est le site de :
La Huaca de la luna y la Huaca del sol.  ou  (temple de la lune et du soleil). Le 21 Juin 2010
Deux Huacas en forme de pyramide distantes de 400 mètres l'une de l'autre.
Entre les deux, se trouvait jadis la principale cité Mochica.

La Huaca del sol qui est la plus grande pyramide mais elle ne se visite pas car elle n'a pas été fouillée à ce jour.

Toutes deux appartenaient à la civilisation Mochica, aussi, nous avons voulu en savoir un peu plus sur cette civilisation avant
d'entreprendre la visite.
La civilisation Mochica s'est étendue de 100 ans avant J-C. à 900 ans après J-C., il y a donc plus de 1500 ans.
C'était une civilisation brillante, qui a régné bien avant les Incas.
Les Mochicas étaient passés maître dans les techniques d'irrigation souterraines grâce auxquelles les légumes et les fruits
poussaient en plein désert.
Ces canalisations sont toujours fonctionnelles à l'heure actuelle.
Les Mochicas étaient aussi des artistes confirmés qui travaillaient avec dextérité l'or, l'argent et le cuivre.
Ils étaient des potiers hors pair qui dessinaient la vie de l'époque sur les poteries.
Ils ont mis au point une technique électrochimique de placage de l'or sur différents métaux, le même procédé qui sera inventé
(ou plus précisément repris) en Europe au 18 ième siècle.
Un peuple hautement civilisé qui a vécu un millier d'années avant les Incas et dont ces derniers se seraient inspirés.
Pourtant, la civilisations Mochica a disparu il y a plus de mille ans.
Deux cent ans de décadence et de catastrophes naturelles, crues catastrophiques du rio Moche principalement mais aussi
des tremblements de terre à répétition ont eu raison de leur survie.
Les Mochicas vénéraient un dieu Ai- Apaec ou le dieu égorgeur. Nous voila avertis, il y a  de quoi nous glacer le sang!
A cette époque l'écriture n'était pas connue mais les scènes décrites par les poteries sont très explicites.
Elles montrent des gens décapités, démembrés, pelés vivants. Nous sommes dans l'horreur!
Ces victimes étaient des Mochicas venus des vallées voisines, victimes de conflit ou guerriers venus se mesurer en combat.
Après le déclin de la culture Mochica, la culture Sican (que l'on va voir ensuite) se développa et plus tard ce fut le tour de
la culture Chimu (que l'on a vu à Chan Chan).

Les différentes civilisations.
Partons à la découverte du site de la Huaca de la Luna.
Cette Huaca était un centre religieux composé de 6 étages.
Tous les cent ans, le plus haut étage était
condamné, les couloirs comblés.
Ce qui a permis de conserver les fresques dessinées sur les murs.
On élargissait la base et on construisait un étage au-dessus du précédent en élevant la rampe d'accès de façon que le nouvel
étage soit accessible.

Les cheveux représentent la  mer, les yeux le hibou, le nez l'humanité et la barbe le poulpe.
Le dieu Ai- apec était aussi représenté sous la forme d'une araignée ou d'une créature ailée ou d'un monstre marin.
Lorsqu'on le voit en entier, il tient un couteau à la main, de l'autre une tête tenue par les cheveux.

Les murs de la Huaca sont ornés de frises.                Les marches d'escaliers sont destinées au roi qui prend place sur le trône.
Lors des cérémonies, il attend que la prêtresse lui présente la coupe avec le sang de la victime du sacrifice.( on était pourtant averti
mais tout de même!)
La grande prêtresse a la mission de préparer les guerriers au supplice avec l'aide de plantes hallucinogènes.
C'est elle aussi qui égorge la victime et qui recueille le sang dans une coupe qu'elle ira présenter au roi.
Ce dernier montre la coupe au peuple, il en boit le contenu ou le répand sur la terre pour la fertiliser.
Les archéologues ont retrouvé 70 squelettes humains qui sont ceux des sacrifiés pendant 600 ans.
Pour continuer dans l'horreur, ces squelettes présentaient tous des mutilations.

La porte d'entrée de la Huaca.                                               La fresque du bas représente les guerriers portant leurs armes,
ils tirent les prisonniers nus avec des cordes.
La frise du haut représente des danseurs habillés avec des tuniques rouges.

La porte d'entrée magnifiquement décorée de peintures en reliefs, couleur ocre mélangée au liquide des cactus.
Malgré le temps , près de 1000 ans, ces fresques sont en bon état et elles ont gardé leurs belles couleurs.

Depuis l'année 2008, la France participe au financement du site archéologique en réinvestissant l'argent de la dette du Pérou.
La Huaca de la Lune n'est pas encore inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.
Pour ce faire, les habitants qui résident tout autour de la Huaca devront voir leur niveau de vie augmenter.
C'est la condition imposée par l'Unesco.
Un musée va ouvrir ses portes dans quelques jours aussi, comme nous devons effectué le même trajet pour le retour , nous
irons le visiter.


Pour finir sur une note de douceur, un chien qui est particulier au Pérou car il n'a pas de poils, juste deux ou trois qui se courent après sur la tête.
On  trouve ces chiens dans chaque site pour préserver la race qui est en voie d'extinction.

Nous avons gardé le meilleur pour la fin: le musée Tumbas Reales de Sipan  (22 Juin 2010)
Nous prenons la direction de Lambayeque située à 250 Km de Trujillo.
Lambayèque est une petite ville calme, ou plutôt, était une petite ville calme, car aujourd'hui, elle abrite un des plus beaux musée du Pérou.
La découverte, en 1988, de la "tombe de Sipan" par l'archéologue Walter Alva, a été d'une grande importance pour le Pérou.
Tout commence par une histoire, et nous, nous aimons bien les belles histoires...
Un soir de février 1987, le professeur Walter Alva âgé de 37 ans, directeur du musée Bruning à Lambayèque reçoit un coup de
téléphone de la police lui demandant de venir voir les objets volés par les "huaqueros" (les pilleurs de Huaca).
Après avoir constaté l'importance de ses objets, Walter Alva décide d'entreprendre des fouilles avec le peu de moyens financiers dont il disposait.
Au bout d'un an, c'est le jackpot! il découvre la tombe intacte du seigneur de Sipan.

Le seigneur de Sipan                                                                               sa tombe
Cette tombe date de 290 ans Avant J-C., une époque qui correspond à l'apogée de la civilisation Mochica.
Le seigneur de Sipan n'était pas seul dans son tombeau à 5 mètres de profondeur.
Il était entouré de deux hommes, sa femme, deux concubines avec un enfant d'une concubine, un chien, deux lamas et un gardien.
Le gardien avait 18 ans lors de sa mort, il avait les deux pieds coupés.
Tous ont été sacrifiés au moment  de la mort de leur maître.
Dans sa tombe, le seigneur de Sipan était vêtu avec son costume de cérémonie et il était paré de tous ses bijoux:
des boucles d'oreilles en or et turquoise, des ornements de tête en or en forme de demi-lune,
des colliers dont un en forme de cacahuètes avec 10 cacahuètes en or et les dix autres en argent.
 
Il y avait aussi des bijoux pour orner la bouche, ils étaient fixés dans les narines, les boucles d'oreilles quant à elles, étaient fixées
par des cylindres dans le lobe de l'oreille.
 
Le seigneur de Sipan portait chaque jour 8 à 9 kilos de bijoux sur lui. Chaque bijoux étaient appropriés aux différentes cérémonies.
Il y avait aussi des bijoux en cuivre dans un état de corrosion importante.
Ces objets, 560 pièces en tout, ont été restaurés par le musée romain-germanique de Mayence en Allemagne qui forma du
personnel Péruvien et finança un laboratoire à Lambayèque à partir de 1990.
Le seigneur de Sipan est mort à l'âge de 45 ans, il mesurait
1m67 et souffrait d'ostéoporose.
Dans la même pyramide funéraire fût découvert à cinq niveaux au dessous du seigneur de Sipan, le sénior de Sipan, l'ancêtre
enterré 200 ans plus tôt.
Il est entouré de son épouse.
Lui aussi était paré de ses plus beaux atours . Sous son masque funéraire on découvre un massif ornement nasal en or,
de nombreux colliers dont le célèbre collier aux araignées en or d'une très grande finesse.
Il a été retrouvé en parfait état et exposé sans avoir besoin d'une restauration 2000 ans après!
Le sénior de Sipan est mort à l'âge de 50 ans, il mesurait 1m69.
 
Le fameux collier aux araignées.

Ce collier est en perles très petites qui ont été récupérées une à une pour reconstituer le collier.

La visite se termine par une cérémonie qui relate la vie royale de cette époque grâce à des automates vêtus  des habits de
l'époque.
Les photos sont interdites aussi les images que vous voyez sont des cartes postales photographiées et des photos volées
sur internet!
Il n'y avait pas de guide français au musée, nous avons demandé la permission de nous joindre à un couple français dont le guide
était mandaté par une agence.
Nous recommandons vivement à tous les voyageurs d'avoir un guide pour cette visite.

Ce musée est notre coup de coeur, il nous a enchanté.Après un petit resto sympathique et un tour au marché de fruits et légumes
nous repartons en direction du nord, vers la frontière de L'Equateur.

Infos aux camping-caristes et aux futures camping-caristes:
Prix d'entrée du musée de Sipan: 1000 sols par personne plus le parking 1.70 sols, on ne peut pas dormir sur le site.
Depuis Ica, les routes sont payantes coût total jusqu'à la frontière: 95,80 sols

Cinq cents kilomètres nous séparent de la frontière. Après Talara, nous longeons la côte avec de belles plages.
Ce serait dommage de ne pas en profiter aussi nous faisons une halte sur l'une d'elle pendant 2 jours, il sera très difficile de repartir.

 
                                                                           Mais qui est l'intru ici?

Un petit coin de rêve....

Nous laissons le Pérou pour quelques semaines et nous y reviendrons ensuite.
Nous retrouvons les immensités désertiques entrecoupées de villages blottis dans les oasis.


Ponpon poursuit sa route vers un autre pays, un autre climat, un autre peuple...........................venez aussi en Equateur.