L'île de Pâques (du 22 au 26 décembre 2009)
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Les étoiles de Santiago


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Isla Negra et Valparaiso





Son nom est Rapa Nui en Polynésien mais on l'appelle Ile de Pâques.


Surgie des profondeurs de l'océan Pacifique, cette île volcanique, formée de 3 volcans, mesure  23 kilomètres de long
et 12 kilomètres de large.
C'est une île perdue dans l'océan Pacifique, à mi chemin entre Tahiti et Santiago.
Elle est à 5 heures d'avion soit 3760 km de Santiago.
Les mystères qui l'entourent l'on rendu célèbre.
Le 5 Avril 1722, le soir de Pâques, l'amiral hollandais Jacob Roggeveen, aperçoit une terre inconnue qu'il nommera Ile de Pâques.
D'autres explorateurs Européens aborderont l'île de façon pacifique:
En 1774, le capitaine James Cook,
En 1786, La Pérouse.
Malheureusement par la suite, ce ne sont que des expéditions de pillage et de capture d'esclaves.
En 1863, un millier de Pascuans sont fait prisonniers pour travailler dans les mines de guano au Pérou.
Parmi ces prisonniers, le roi et sa famille ainsi que les "têtes pensantes" de la société.
80% mourront dans les mines, les 20% restants seront libérés mais le sort s'acharne et ils contracteront la petite vérole sur le navire
qui les ramène.
Les 15 survivants contaminés transmettront la maladie aux derniers Pascuans.
Cette brêve rétrospective est nécessaire pour parler de l'île.
Après la disparition des dépositaires du savoir, il n'y a pas eu de transmission orale ce qui a alimenté les mystères.
Des mystères sur les premiers habitants et leurs coutumes qui perdureront jusqu'à ce que le déchiffrage des tablettes Rongo Rongo voit le jour.
Il serait possible que l'origine du peuple Pascuan  remonte à 1500 ans environ, un peuple venu des îles Marquises.
Selon la tradition orale pascuane, le roi Hotu Matu aurait débarqué sur l'île avec ses 6 fils, il aurait ainsi fondé les tribus (mata).
Le roi aurait au préalable envoyé 7 éclaireurs représentés par la suite par les 7 Moai  tournés vers la mer.



Les 7 Moai sur l'Ahu Akivi.
Ce sont les seuls à regarder la mer ce qui a suscité beaucoup de suppositions.

Il semblerait qu'une surpopulation (10.000 habitants?) aurait engendré des guerres tribales.
La population la plus ancienne, les courtes oreilles,  se caractérise par une morphologie à la silhouette mince, au nez en forme de pic.
Les longues oreilles, qui sont costauds et trapus, ont un nez large et des longues oreilles déformées par les lourdes boucles d'oreilles.
Pour asseoir leur autorité, les longues oreilles et les courtes oreilles construisent de gigantesques statues (Les Moai).
Ces statues remonteraient vers l'an 800.
Elles sont élevées sur un piédestal , une construction monumentale appelée Ahu érigée en l'honneur des dieux.
Ces sanctuaires sont construits en bordure de mer pour la plupart et les Moai  tournent le dos à la mer, le regard sur le village
en signe de protection.
Chaque ahu appartenait à une famille et lors de la disparition de cette dernière, les pierres de l'Ahu étaient utilisées pour d'autres sanctuaires.
Chaque Moai rappelle un personnage important du passé.
Les Moai étaient taillés directement dans la roche de Tuf de la carrière Rano Raraku à l'aide de pic et de hache.

Le Rano Raraku
est un ancien volcan sacré choisi pour son site exceptionnel, qui servit de carrière pour la taille des Moai.
On y trouve des statues abandonnées à différents stades de fabrication.

Le Moai ci dessus était en cours de dégagement, ses dimensions sont colossales: 21,60 de longueur pour un poids de près de 150 tonnes!
Une fosse de 50 centimes de largeur sur un mètre de profondeur permettait de travailler pour sculpter le Moai.
La tête était sculptée en premier, ensuite le corps et enfin les flancs, et en dernier le nez.
Le dessous était ensuite taillé, le Moai reposait alors sur une sorte de "quille".
Ces Moai étaient ensuite mis debout, terminés et acheminés sur les lieux de leur destination qui pouvaient être à 20 km de la carrière!
Plusieurs hypothèses ont été avancées pour le transport de ces colosses: la première consistait à  coucher les Moai sur des rondins de bois
et les faire glisser, la deuxième à  redresser les Moai et les faire pivoter à l'aide de cordes.
Un mystère de plus! 
Beaucoup étaient cassés en cours de route, au moins la moitié n'arrivait pas à leur destination.
Pour ceux qui y parvenaient, une fois en place, ils étaient coiffés d'un chapeau rond appelé Pukao.
Ces chapeaux étaient taillés dans une carrière de roche rouge.
Le plus grand Moai dressé atteint 9.80mètres de hauteur pour un poids de 74 tonnes
Le plus petit mesure 1.13 mètres.

La carrière Rano Raraku est un lieu exceptionnel, rempli d'émotion et de mystère.
Des Moai en cours d'élaboration, d'autres terminés qui ne demandent qu'à être séparés de la roche.
 
Des têtes plantées dans le sol, toutes avec une physionnomie différente.
Le temps semble s'être arrêté et nous fige dans le passé.

                                                                                             Moai appelé tukuturi de style polynésien avec les jambes repliées, la barbe et une grosse tête. 

Tout en haut de la carrière: le cône du volcan avec son lac.                                Une vue du haut du volcan
.

Au pied de la carrière : l'Ahu Tongariki


15  Moai sont alignés sur l'Ahu Tongariki..
Ce site à été réhabilité grâce à l'aide d'un mécène Japonnais qui a financé les travaux.

L'Ahu Hanga Te'e
8 Moa, alignés les uns à côté des autres, couchés la face contre terre, témoignent des conflits intérieurs sur l'île.
Les vainqueurs, en l'occurence les grandes oreilles, couchaient les Moai en signe d'humiliation envers les vaincus.
En 1774, lorsque James Cook débarqua dans cette baie, il nota que les Moai étaient encore debouts.

Les 8 Moai alignés la face contre terre                                                             les châpeaux ont roulé à terre.

Le volcan Rano Kau

Au sud de l'île se trouve le volcan Rano Kau  avec en son centre des petits lacs d'eau douce.
Le microclimat, dû à la protection des vents et de la salinité de l'eau, a crée un endroit privilégié qui favorise la croissance de la flore.
notamment des plantes médicinales.
Seule une mince paroi de roche résiste contre les assauts de la mer.
  
Derrière  le cratère du volcan Rano Kau se trouve le village d'Orongo,
un ancien village ou se déroulait chaque année la cérémonie du culte de l'homme- oiseau.
Ce culte s'est développé au fur et à mesure de la perte d'influence du culte des moai.
Cette cérémonie avait lieu au printemps.
Elle avait pour but  de nommer l'homme- oiseau qui serait le nouveau chef spirituel.
Chaque chef de tribu guerrier désignait "un homme de main" habile et sportif, capable de ramener le premier  œuf d'hirondelle des mers.
Face au village d'Orongo, 3 îlots balayés par les vents, les îlots de Motu Nui, Motu Iti, et Motu Kao Kao, sont des lieux choisis par
les hirondelles de mer pour venir pondre leurs œufs.
L'homme de main plongeait dans les eaux tumultueuses infestées de requins pour gagner l'îlot Motu  Nui .
Muni d'un peu de nourriture, il attendait le premier œuf, cela pouvait durer des jours ou des semaines.
Celui qui trouvait le premier œuf  hurlait le nom du vainqueur du haut d'un rocher.
Il effectuait ensuite le trajet de retour, l'œuf attaché au front.
Le trajet du retour se passait bien car le vainqueur était censé être protégé par les vertus magiques de l'œuf et du dieu Make Make.
Le serviteur remettait alors le trophée à son chef qui s'était au préalable rasé le crane, les sourcils, les cils.
L'homme-oiseau se retirait dans une maison au pied de la carrière de Rano Raraku pendant 1 an.
Il devait  observer des règles strès strictes (abstinence, ne pas sa couper les ongles ni les cheveux, ne pas prendre de bain, ne pas s'éloigner).
Sa nourriture était préparée dans un four spécial, servie par un serviteur attitré.
Le titre d'homme-oiseau lui conférait un statut économique et social particulier.
Au bout d'un an, l'œuf ayant perdu son pouvoir, un nouvel homme-oiseau était nommé.


L'Ahu Tahai

 
les 5 Moai de l'Ahu Tahai                                                                               un poulailler avec deux petites ouvertures et un couloir à l'intérieur   
Les maisons, quant à elles, étaient en forme de barques renversées.                                       

2 Moai solitaires à l'Ahu Tahai dont un qui est recouvert de son pukao et qui possède des yeux faits de corail blanc.   
                                  

Piscine naturelle près de la" capitale" Hanga Roa, seule ville de l'île avec ses 3800 habitants.
 
Petit cimetière champêtre de Hanga Roa.                                   Il y a beaucoup de chevaux sur l'île : ici un jeune cavalier qui monte sans selle comme tous ici.

Pour visiter l'île dePâques, nous avons marché à pied, sac à dos, comme beaucoup, puis nous avons loué un quad pour nous rendre sur les sites plus éloignés.
Un moyen bien agréable et même rafraîchissant car le soleil est implacable.
IL n'y a qu'une route qui fait pratiquement le tour de l'île et par endroit elle est très défoncée!
Cette journée aura été un point très fort de notre séjour, une journée chargée de beaucoup d'émotion à la vue des Moai.
Mais aussi le plaisir de se retrouver dans un paysage très varié avec ses côtes de roche noire balayées par les vagues,
avec ses petites collines à l'herbe rase d'un vert tendre.....
Grâce à son climat subtropical, on trouve de nombreuses variétés d'arbres fruitiers sur l'île, notamment l'arbre qui donne le fruit Haia, à l'odeur d'anis,
un vrai délice....
Des arbres aux fleurs magnifiques aussi.....
Nous avons savouré le plaisir de partager la route avec les vaches et les chevaux. 
Tout ce petit monde est en liberté et certains  chevaux ont même ........ des yeux bleus!

Pendant les 4 jours de notre séjour sur l'île de Pâques, nous voulions partager un peu la vie des Pascuans.
Nous avons choisi une chambre chez l'habitant ou nous pouvions préparer notre repas dans leur cuisine.
Nous rencontrons César, un jeune Chilien, qui loge aussi dans la maison et qui parle un peu français.
César nous invite le jour de Noël à la fête traditionnelle.
Une famille Pascuane, toujours la même, prépare un énorme "asado" de  bœuf et de cochon.
La population est invitée gratuitement à partager le repas.
 
Le repas de Noel

Dans un grand trou creusé dans la terre on aperçoit la bache bleue qui recouvre le tout.             On retire les feuilles de palmier.

Sous les feuilles, des plaques qui reposent sur des pierres volcaniques chaudes. Dans les plaques, des patates douces, une spécialité de l'île.
 
on enlève les pierres chaudes, puis les tôles ondulées pour dégager d'autres plaques dans lesquelles on a enveloppé la viande dans de l'alu.

Deux panses de vaches farcies avec les abats.                                                 Les généreux propriétaires qui offrent le repas posent pour la photo.

Chacun vient muni de son sac plastique et a droit à trois grandes portions de viande de bœuf et de porc enroulée dans du papier alu, à des patates douces,
à une portion de gâteau de courge, puis à un morceau de courge crue et des patates douces crues pour faire la soupe.
Certains s'assoient pour pique niquer sur place, d'autres partent manger chez eux.

La bénédiction du repas.                                                                                 César et Jacques mangent de bon appétit!

D'autres fêtes ont lieu dans l'année, chaque fois c'est une famille différente qui prépare et invite la population.
Merci à César de nous avoir donné la possibilité de connaître ces coutumes.

Nous voulions aussi profiter de l'opportunité de passer les fêtes de Noel à l'île de Pâques pour aller à la messe de minuit.
Toute la ville était réunie dans la petite église, les petits et les grands.
Une cérémonie ou tout le monde chante de bon cœur des chants entraînants qui reflètent la joie, la paix, l'amour de son prochain.
A la fin de l'office chacun serre la main de ses voisins les plus proches....
Des offrandes telles qu'un veau dépecé, des quantités surprenantes de fruits sont alors apportées à l'autel.
Nous sommes revenus enchantés et heureux d'avoir partagé ce moment avec les pascuans.

L'île de Pâques est perdue au milieu de l'océan pacifique.
Pour nous, c'était un rêve inaccessible que la proximité avec Santiago a rendu possible et nous sommes très heureux d'avoir pu réaliser ce rêve.
Alfred Métraux disait:
" Ce prodige du colossal dans un univers minuscule, chez des hommes dénués de tout, voilà tout le mystère de l'île de Pâques"
Nous partons en amenant un peu de ces mystères dans nos bagages et beaucoup d'émotion.


Le voyage sur le sol chilien ne s'arrête pas là.................................. Isla Negra et Valparaiso