Le lac Titicaca

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De Cuzco à Puno (du   5 Août au 6 Août )
Un dernier regard à l'emblème de Cuzco, le condor, et on part, déjà impatients de découvrir d'autres lieux tout aussi passionnants.
On est toujours heureux de reprendre la route avec ponpon.

Au passage, on admire les collines qui se  reflètent dans le lac miroir.
De Cuzco à Puno, il y a  450 Km qui traversent des zones de cultures puis l'altiplano et ses élevages de moutons, d'alpagas,
de lamas et quelques vaches.

Nous longeons un cours d'eau ou toutes les lavandières se sont données rendez-vous pour la lessive. Les hommes participent aussi et il y a des scènes bien coquasses ou Monsieur lave le linge dans la brouette et Madame le rince dans le cours d'eau.
C'est bien animé, on rit et on papote!
C'est aussi la moisson et là, toute la famille participe à la fauche du blé et tout sera récupéré, même les petits bouts des tiges qui sont transportés dans un sac plastique sur le dos.

Les paysages de l'altiplano ...

Par çi, par là, des petites maisons en adobe et au toit de chaume.

Soleil couchant sur l'altiplano.

Tout au long de notre parcours, nous ressentons une sorte de frébrilité en traversant les villages et les petites villes, les gens
nous paraissent plus agités que de coutume.
Dans un village, on est en train de disposer des pierres au milieu de la route. on aura juste le temps de passer.

Puis, ce sera l'arrêt, ici on ne passe pas!
Nous faisons connaissance avec notre premier bloquéos...
Munis d'un énorme levier, les hommes poussent des blocs de pierre pour boucher le passage.
A notre question sur la raison des contestations, ils nous disent qu'ils protestent contre l'exploitation prochaine d'une mine de cuivre. Nous commençons à préparer le repas de midi tout en regardant le ballet incessant des gens qui sortent d'un bus avec toutes leurs affaires (et il y en a!). Ils passent ensuite le blocus avec leur chargement et changent de bus avec leurs compatriotes qui sont de l'autre côté du blocus. Chacun pourra ainsi continuer sa route, il ne reste au bus qu'à faire demi tour et transporter d'autres passagers.
On s'aperçoit qu'ils sont bien "rodés"pour faire face à de tels évènements.
Après cette halte forcée, notre route peut reprendre. Nous traversons une grande ville au milieu de nulle part: Juliaca.
Si l'on décernait une palme aux villes traversées, celle de Juliaca aurait sans conteste la palme de la laideur!
La saleté et la laideur se sont données rendez-vous dans cette ville à la chaussée complètement défoncée.
Ponpon et son chauffeur n'en croient pas leurs yeux, un vrai séisme! il est impossible d'éviter les trous béants!

Avant d'arriver à Puno, nous faisons un petit détour par Sillustani.
Tout au long de la route qui accède à Sillustani, les gens sur le pas de leur porte nous font des grands signes amicaux pour nous inviter à visiter leur maison. Elles sont bien différentes de toutes celles que nous venons de voir ces maisons.
Formées d'un ensemble de quatre "bâtiments", elles sont entourées par un mur d'enceinte, le tout en adobe avec un toit de chaume,
c'est mignon, mignon. 

Sur la route de Sillustani, une maison typique entourrée de lamas et alpagas. Vue de la magnifique lagune.

Le site de Sillustani se trouve sur une presqu'île qui s'avance tout justement dans cette magnifique lagune.
Nous sommes à 4000 mètres d'altitude, le souffle est court pour monter jusqu'au promontoire ou se trouvent plusieurs tours à l'état de ruine des époques pré-inca et inca.


Ces tours représentent des tombes funéraires construites en hauteur pour être toujours plus près du ciel.
D'une hauteur de 12m, elles sont de forme circulaire avec une toute petite entrée en bas, orientée à l'est qui était le symbole
de la vie,  donc de la réincarnation.
Les premières tombes datent de la civilisation collas de 1200 à 1400 après J.C.
Les plus récentes datent de 1400 à 1535 après J-C à la suite de l'invasion Inca.

Au sommet du promontoire, on peut admirer le lac Umayo d'un côté et de l'autre la lagune.

Après ce lieu empreint de sérénité, nous sommes vite rendus à Puno.
Puno est une ville de 92.000 habitants située au bord du lac Titicaca à 3850 m d'altitude.


Arrivée à Puno et au lac mythique au nom bien particulier.... Titicaca.
Nous abordons cette ville en semaine, aux heures de pointe.
Ponpon se trouve tout à coup bien gros pour passer dans les petites ruelles, aussi, nous le dirigeons vers un lieu plus calme,
aux abords du lac Titicaca.
C'est dans la cour de l'hôtel Posadas del Inca qu'il patientera jusqu'au retour de notre escapade sur le lac Titicaca.
Face à l'hôtel, une passerelle conduit sur un drôle de navire: le Yavari.
 
C'est toute une histoire qui commence en 1861, lorsque le Pérou commande à la Grande Bretagne deux navires de guerre parmi
lequel le Yavari.
Les conditions requises étaient de faire livrer ces deux navires en pièces détachées dans des caisses qui ne devaient pas dépasser
120 kilogrammes. Ces caisses étaient acheminées par bateaux jusqu'à Arica, tout au nord du Chili actuel, puis elles parcouraient
quelques kilomètres en train de Arica à Tacna(sud duPérou actuel). Le plus dur restait à faire, par les pistes à dos d'ânes et d'hommes jusqu'à Puno en passant des cols à plus de 4800 m!
Il faudra pas moins de 4 années pour que ces caisses parviennent à Puno.
A Puno, les pièces détachées seront alors assemblées, deux années seront nécessaires pour le faire.
Ces deux bateaux fonctionnaient au charbon et quand celui-ci vint à manquer, c'est la bouse de lama qui le remplacera.
Pour stocker cette bouse de lama bien envahissante, il faudra alors agrandir le navire de 10 mètres.
C'est ensuite le moteur Bolinger qui prendra le relai de la bouse de lama.
Avec toutes ces péripéties, le Yavari n'aura pas l'occasion de servir la guerre.
Aujourd'hui, une association Anglaise a racheté le Yavari et a entrepris de le rénover selon les méthodes de l'époque.


Il est beau ce moteur avec tous les cuivres qui étincellent!            La cabine de pilotage n'est pas en reste!
Le Yavari est destiné à effectué des croisières touristiques, souhaitons-lui une longue vie........

Le lac Titicaca et les îles Uros, Amantani et Taquile (les 7 et 8 Août 2010)
Situé à 3810 mètres, il est le plus haut  lac navigable au monde.
Avec ses 175 Km de long et ses 8340 km2 qui se partagent entre le Pérou (4772 km2) et la Bolivie (3790 Km2),
ce n'est pas le plus grand lac mais c'est le plus mythique, il est sacré.
Que de légendes entourent ce lac!
Parmi elles, celle du dieu soleil très affligé par la mort des hommes de la vallée qui  se font dévorer par les pumas
après avoir bravé un interdit, pleura pendant 40 jours et 40 nuits, inondant la vallée de ses larmes. Il créa ainsi le lac Titicaca.
Dans la réalité géologique, le lac Titicaca est né il y a 65 millons d'années, lorsque le continent de l'Amérique du sud a rencontré la plaque océanique du Pacifique pour former les Andes.
Une autre légende raconte qu'un trésor serait enfoui au fond du lac.
Ce serait une partie du trésor rassemblé aux quatre coins du royaume pour sauver l'Inca de Quito, Atahualpa.
Ce dernier fût prisonnier du conquistador espagnol Pizarro. Pour le libérer, Pizarro demande que soit versée une rançon qui remplisse une pièce de 35 m2 de surface sur 2 mètres de haut!
La rançon est pratiquement versée mais Pizarro ne tiendra pas sa promesse et fera exécuter l'inca Atahualpa.
En voyant la traitrise de Pizarro, les mariniers qui convoyaient l'or auraient volontairement jeté le trésor dans les eaux du lac.
Ce serait donc une partie de cette rançon qui dormirait dans le lac.
Au cours des années 1970, le commandant Cousteau a effectué des fouilles sur une partie du lac sans rien trouver.

Munis de notre sac à dos, nous embarquons sur un vieux rafiot à la rencontre des Uros qui vivent sur des îles flottantes.
Pourquoi de telles constructions? sinon pour échapper à l'envahisseur!
Cette fois, les envahisseurs sont les incas qui pourchassent le peuple Uros. Ce dernier quitte les lieux (Tiwanaku en Bolivie, que nous verrons plus loin) et se réfugient sur des îles en roseaux. A la poursuite du poisson, ils émigrent tout au long du lac Titicaca,
côté Péruvien et Bolivien.
La race des indiens Uros s'est éteinte en 1959, remplacée par les Aymaras.

Après avoir traversé un chenal bordé de roseaux, nous arrivons rapidement sur une des îles flottantes.
Mais comment sont formées ces îles flottantes?
Une couche de roseaux immergés dans l'eau d'une épaisseur de 3 mètres constitue une bonne assise à ces 45 îles.
Sur cette assise qui ressemble à de la terre, on dispose encore une bonne couche de roseaux frais.
Cette opération  sera renouvelée fréquemment.
Les huttes construites en roseaux reposent sur cet ensemble.
L'île est amarrée, fixée à un poteau d'eucalyptus.
 
Le roseau est l'élément essentiel de la vie sur ces îles, on l'appelle tortora. On peut se nourrir de la partie blanche de sa racine.
Nous l'avons goûté, cela n'a pas beaucoup de goût!
 
Une famille de 5 ou 6 personnes vit de façon assez spartiate sur chacune de ces 45 îles. Souvent l'homme travaille en ville  ou pêche, les femmes quant à elles confectionnent de l'artisanat qui sera vendu aux touristes.

Les bateaux construits eux aussi en tortora sont curieux et originaux avec leur  proue qui représente une tête de puma.

Les couches successives de tortora ressemblent à de la terre une fois séchées.
A l'intérieur des huttes le mobilier est sommaire: un lit et............une télévision! si la hutte est équipée d'un panneau solaire.
 
On marche pieds-nus sur l'île, les touristes quant à eux gardent leurs chaussures. On a la sensation de s'enfonser à chaque pas.
 
Les habitants vivent pour la plupart du tourisme. Chaque île ou tout au moins les îles qui veulent être ouvertes au tourisme, observent un tour de rôle pour recevoir les touristes. D'autres ne souhaitent pas de touristes.

On imagine les conditions de vie des Aymaras sur ces îles vivant grâce au lac en buvant son eau et en se nourrissant de poissons.

La légende dit aussi que les pumas, après avoir dévoré les hommes, se sont transformés en pierre.
Ces pierres sont des îles. En effet, le lac Titicaca est formé de plusieurs îles  naturelles et nous partons à la découverte de deux d'entre elles.
Après quatre heures de navigation et deux arrêts pour cause de panne, notre rafiot nous débarque sur l'île Amantani. 
Dès notre arrivée sur l'île , nous sommes pris en charge par une famille d'accueil chez qui nous logerons pour la nuit.

Située à 4000 mètres d'altitude, Amantani est une île de 4000 habitants qui vivent selon un mode communautaire et partagent les biens.
Toutes les petites  parcelles de terre sont cultivées de blé et de quinoa. Il y a aussi des jardinets car  l'eau de manque pas.
On trouve des petits troupeaux de moutons et peu de vaches, par contre chacun a des poules autour de la maison.
Sur cette île, il n'y a aucun chien, aucun chat, aucune voiture bien sur.

Armés de notre courage, nous montons à l'assaut de la colline pendant 1 heure vers les ruines de deux temples.
Le soleil se couche pendant notre ascension et embrase la colline.
Nous sommes largement récompensés de nos efforts par la vue sublime sur le lac Titicaca au bleu intense,
sur l'île à la couleur de miel doré des cultures en terrasses.
Un beau moment....

Le soir, les habitants organisent pour les visiteurs une petite danse folklorique autour de feux de paille. Ces petits feux nous réchauffent car à 4000 mètres, il ne fait pas chaud!

Les chambres réservées aux touristes sont équipées de lits confortables.
Les habitations sont construites en "dur" avec un toit en tôle ondulée, la cuisine quant à elle est dans un bâtiment à part, construit en adobe avec un toit de chaume.
Le feu de bois permet la réalisation des repas. La famille dispose de six assiettes, six fourchettes et six gobelets.
Même si les aliments sont toujours à base de quinoa, pommes de terre, petits légumes et occasionnellement un oeuf, la nourriture est soignée.
A la fin du repas, c'est Monsieur qui fait la vaisselle au robinet dans la cour et on ne traine pas car la pièce ou notre repas est servi
est aussi la chambre de nos hôtes, eux ne mangent pas avec nous .
On ne nous sert pas de l'eau pendant les repas
, seulement une tisane de monia en fin de repas. La monia est une plante odorante et agréable au gout, qui a des effets similaires à la coca pour combattre le mal de l'altitude. D'ailleurs il vaut mieux ne pas trop boire  car se lever la nuit, munis de sa lampe frontale, chercher la cabane des toilettes éloignée de la maison, et une fois qu'on l'a trouvée, essayer de ne pas tomber dans le trou, tout cela avec une température négative, est un véritable parcours du combattant!
Au petit matin, un robinet installé dans la cour, alimenté par l'eau du lac, nous permet de faire une toilette sommaire et très rapide car l'eau n'est pas chaude du tout. 
Nous étions six français, deux jeunes couples et nous; il n'a pas été possible de communiquer avec nos hôtes qui parlaient le quechua et observaient une certaine réserve. Peut être est-ce le prix à payer pour la sauvegarde de la culture....
Quant à nous, nous avons bien apprécié ce petit séjour parmi ces habitants qui ont su garder leur culture et leur fierté bien que le
tourisme soit leur moyen de survie.
Nous avons regretté que les habitations ne soient pas équipées d'un four solaire pour faciliter la vie des gens au quotidien, d'autant que le bois est rare sur l'île.
Après un petit déjeuner avec les pains chauds qui viennent de cuire à la poêle, Eléona, la maitresse des lieux met sa jupe de couleur et son châle et nous accompagne au bateau. Malgré le peu de communication, nous avons eu un très bon contact et nous l'embrassons bien chaleureusement.
Direction l'île de Taquile que nous atteignons après une heure de bateau.

L'île de Taquile compte 3500 habitants, elle est située à 3950 mètres d'altitude et s'étire sur 7 km à peine dans sa partie la plus longue.
On a vite fait le tour, enfin pas si vite que cela car il faut monter par le petit sentier recouvert de pierres et le souffle manque.
Le temps est merveilleusement beau, le ciel d'un bleu intense se confond avec le bleu du lac.
Quillée sur un mamelon rocheux, Taquile aligne ses cultures en terrasses parsemées de maisonnettes et de  bosquets d'eucalyptus.

Le sentier mène tout droit à la place centrale. Sur cette place, un bâtiment abrite les créations artisanales vendues en coopérative. L'île vit selon un mode communautaire, les champs sont cultivés en commun, les touristes sont répartis équitablement dans chacun des restaurants.
Les costumes traditionnels sont bien différents de sa voisine Amaranti, les hommes arborent un pantalon noir serré à la taille par une ceinture brodée de toutes les couleurs. Les habitants ne souhaitent pas être pris en photo, c'est inscrit sur le panneau d'entrée de Taquile.
La langue parlée reste le quechua, seul l'espagnol sert pour communiquer avec l'extérieur.
Même si on voit très bien que les habitants font de la "figuration" avec leur tenue traditionnelle sur la place centrale, on ressent qu'ils ont bien les cartes en main. Ils connaissent la valeur du tourisme facteur de 
leur survie, ils le maîtrisent parfaitement et savent le gérer, ils sont les maîtres du jeu, bravo!
Après un repas pris dans un des restaurants de l'île qui surplombe le lac Titicaca, il est l'heure de redescendre le sentier qui nous mène au bateau.
Nous repartons enchantés de notre visite et plein de respect pour ce peuple qui tient à garder son authenticité.
Le voyage de retour se fera tout doucement, notre vieux rafiot restera en panne sur le lac, le capitaine, un enfant de 12 ans, s'endormira à la barre ce qui contribura à augmenter la durée du parcours et peut être à occasionner la panne de carburant avant l'arrivée dans le port!
Un autre bateau charitable nous remorquera jusqu'au port et nous ne serons pas contraints de terminer à la nage!

Il est temps de retrouver ponpon qui nous attend dans le jardin de l'hôtel et de continuer notre tour du lac, terrestre cette fois.
Un tour qui nous amènera en Bolivie, mais ceci est l'objet d'une autre histoire....
 
 
 
Nous quittons le  Pérou sous le regard empreint de curiosité de ces adorables enfants.

Des images empreintes d'espoir:
- espoir de voir ce magnifique pays se relever,
- espoir de le voir éradiquer la pauvreté insupportable que nous avons trop souvent rencontrée,
- espoir de voir tous les enfants revêtus de leur petit uniforme prendre le chemin de l'école et non celui du travail.
C'est un pays rempli de richesses aussi bien matérielles que culturelles qui ne demande qu'à s'épanouir.
Malgré notre "mouvement d'humeur" dans les sites très touristiques de Cuzco et la vallée sacrée,  les habitants 
nous ont témoigné beaucoup de gentillesse et un très bon accueil ainsi que la gendarmerie.
Nous quittons le Pérou les yeux remplis de toutes les richesses culturelles que nous avons vues, des paysages
exceptionnels que nous avons traversés . C'est un pays qui nous a marqué.


Infos aux camping-caristes et futurs camping-caristes:
L'accès au site de Sallustani est de 6 solès/personne.
En ce qui concerne la visite des îles flottantes et  des îles Amantani et Taquilé, nous avons pris nos billets dans une des nombreuses agences de Puno. Le prix est de 8000 solès par personne. Départ de Puno le matin à 8 h, nuit sur l'île Amantani et retour à Puno vers 16h. Tout est inclus sauf le dernier repas 1500 solès/personne. Prévoir l'achat d'artisanat présenté par la famille d'accueil.
Santé:
Les chiens sont légions, ils sont en principe assez calmes mais il y a des exceptions et pour avoir été la victime d'une  morsure à la jambe, nous pensons qu'il serait plus prudent de se faire vacciner contre la rage.





                             Suivez-nous encore autour du lac Titicaca ........................... en Bolivie