Aréquipa à NAZCA

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Le Lac Titicaca









Le Pérou a une superficie de 1.285.216 Km2, deux fois et demie la France.
Il se divise en trois zones:
  • La région côtière qui s'étire sur 2000 Km avec une largeur de 200 Km au nord et 40 Km à peine au sud. C'est dans cette région que vit plus de la moitié de la population notamment dans la capitale Lima.
  • La Sierra qui est la Cordillère des Andes avec des pics à 6000 mètres d'altitude.  32% de la population y vivent.
  • La Selva ou forêt amazonienne, c'est la région la plus vaste  qui couvre 57% du territoire et la moins peuplée.
La population est estimée à 29.546.960 habitants en 2009.
Le Pérou est:
  •  le 1er producteur mondial de minerai d'argent.
  •  le 2 ème pour le cuivre.
  •  le 3 ème pour le zinc.
  • le 5 ème pour l'or.
  • La mer est une des plus poissonneuse au monde.
  • Il est considéré comme le 5 ème pays au monde pour la richesse de sa biodiversité.
Mais, c'est aussi:
  • 48% de la population qui vit au dessous du seuil de pauvreté.
  • un pays ou l'éducation est en ruine.
  • Quant à l'importance accordée à l'écologie, ni le gouvernement, ni les gens en ont conscience.
La monnaie est le nuevo sol : 1€ valait 4.30 NS en 2009,  3.50NS en 2010. 
Nous sommes impatients de connaître ce pays qui nous a fait tant rêver, aussi, n'attendons plus ............

Tacna

Après les formalités de douane terminées, ponpon s'engage sur une route désertique, le paysage est plat à perte de vue, sableux.
Il joue avec les couleurs, c'est du rose, de l'ocre....
La première ville traversée est Tacna, et c'est là que nous trouvons du GPL à la première station.
C'est le luxe, finies les économies de gaz, nous pourrons nous chauffer lorsque nous serons en altitude.
Au Pérou le GPL ou (GLP) se trouve couramment.
Et vlan! nous nous prenons encore une heure! Cela fait maintenant 7 heures de différence avec la France.
Tacna  nous surprend par ses cultures d'oliviers.
Nous traversons un marché aux fruits et légumes et malgré notre décision de continuer la route, nous ne résistons pas à nous
arrêter. Un plateau de fruits: papayes, petites bananes délicieuses, mangues, goyaves, fruits de la passion composeront
notre repas du soir...... un régal!



Dès la sortie de Tacna, on remarque de petits abris de 2 ou 3 m2,  d'autres sont légèrement plus grands.
Ils sont
faits avec un cannage tressé.
Ils sont posés là, en plein désert, il n'y a pas d'électricité bien sur et pas d'eau non plus, certains ne paraissent pas habités mais d'autres le sont.
On verra plus tard que cet habitat très précaire est malheureusement très très courant!
Dans ce désert de sable à perte de vue, chaque parcelle paraît délimitée par de petits galets ronds, des parcelles rectangulaires et
le moindre galet est utilisé soit pour la limite ou entassé en petits dômes.
Il y a des travaux sur la route, un homme agite son drapeau rouge, puis le vert et on passe.
Sur le bord, deux hommes sont couchés sur le sol, ils font la sieste, il est 13 h; un autre étale le gravier avec sa pelle.
Le gravier a été transporté dans des fûts de 50 litres puis vidé et étalé.
Un travail à long terme! 


Le paysage se vallonne, il se colore pour le plaisir des yeux.

Une bien belle route taillée dans la roche de cuivre, de souffre... 

Le paysage change et ponpon s'arrête..... Jacques dit qu'à ce rythme, il faudra envisager de dormir au milieu de nulle part!

Les collines se parent d'une pellicule d
e sédiment tout blanc.
Au milieu de nulle part, nous trouvons un restaurant qui nous accueille pour la nuit et pour le repas.
Pour le menu ce sera une soupe de camarones ( écrevisses) et quelle soupe! pour 5€
Les prix,  au Pérou, sont plus doux qu'au Chili.

Aréquipa  (du  9 au  juin 12 juin 2010)

Aréquipa est la deuxième ville du Pérou avec 864 000 habitants et une altitude de 2300 mètres.
Son nom lui a été donné par les premiers habitants, les Aymaraz qui l'appelaient :" l'endroit derrière la montagne pointue".
La "montagne pointue" c'est le volcan Misti, on ne peut pas le rater,  il domine toute la ville.
Mais Aréquipa, c'est aussi la "ville blanche" parce qu'elle est construite avec les pierres de lave de couleur blanche qui font
son charme.
Car  Aréquipa a un charme fou : des monuments aux bâtisses qui arborent fièrement leur beau balcon, aux églises........
elle est classe la belle!


Le premier sentiment que l'on a en arrivant dans cette ville, c'est la simplicité d'accès malgré son ampleur,
voila une ville à taille humaine et nous, on apprécie !
Nous nous garons dans la cour de l'hôtel Las Mercédès à deux pas du centre et nous partons à la découverte de la ville.

La "Plaza de Armas" nous accueille, belle, verdoyante et arborée, elle est entourée sur ses trois côtés de bâtiments avec une double
arcade supperposée,  et en face la magnifique et imposante cathédrale.

Une ambiance nonchalante se dégage de cette place, les gens sont assis sur des bancs, l'attraction principale est une multitude de pigeons qui attendent  qu'on leur jette des graines, il y a toujours du monde, du matin au soir.
La population est très cosmopolite , d'ailleurs les gens disent qu'ils sont Aréquipiens avant d'être Péruviens, alors c'est dire!
C'est aussi le berceau de nombreux artistes, écrivains, politiciens.

Un bâtiment parmi tant d'autres....

  _ Bonjour, Je m'appelle Jacqueline, achetez-moi une poupée!
 Vous parlez français, vous avez appris à l'école?
_ Non, j'ai appris le français au centre de formation pour fabriquer des poupées, un peu de français et un peu d'anglais.

Jacqueline nourrit sa famille avec ce petit travail.
Mais il y a aussi plein de petites boutiques, très petites parfois ou carrément une "guitoune" transportable.

ou alors des marchands de glace qui mangent et dorment sur place....

Tout cela est très bien mais nous sommes là pour visiter les monuments et ils sont nombreux et très beaux.
Alors, n'attendons plus!
Mais avant, on ne  peut pas passer sous silence le ramassage des ordures avec le camion musical!.
Il n'y a pas de poubelles dans les rues, tous les gens amènent leur poubelle en entendant la musique de la benne à ordures.
Aréquipa est une ville propre, ce qui mérite d'être souligné.
C'est aussi une ville vivante et les petits taxis jaune la sillonnent dans tous les sens à toute allure,on peut dire que ce sont
les maîtres de la ville.   
Allez c'est parti pour :


Le Monastère de Santa Catalina:
Il se trouve au centre de la ville historique, il a été plusieurs fois restauré à la suite des tremblements de terre de  1958 et 1960.
Entouré de grands murs d'enceinte, il est construit en tuf, la pierre de lave blanche.
C'est le monument qui exprime le mieux l'architecture d'Aréquipa, un très bel échantillon du métissage d'éléments indiens et
espagnols. D'ailleurs un architecte portuguais de renom, Alvarez Siza disait :" avoir reçu une magnifique leçon d'architecture"
après l'avoir visité.

Le monastère vu de l'extérieur et sa façade.                                                  
Il fût fondé en 1579 par une riche veuve qui voulait terminer ses jours au couvent et qui fit don de sa fortune pour sa construction.
Il est immense ce monastère avec ses 20.000 m2, c'est une cité dans la cité, avec des places, des rues...
Après être resté 391 ans fermé, il a ouvert ses portes au public en 1970 pour le 430 ème anniversaire d'Aréquipa fondée en 1540.
Les héritières des grandes familles espagnoles y entraient avec une bonne dot et avec leurs servantes!
La famille faisait bâtir une "cellule" qui était en fait un appartement avec une ou plusieurs chambres, un salon, une cuisine.
Certaines avaient même un jardin...
C'était la belle vie faite de réceptions et mondanités et puis patrata.........en 1870 adieu veaux, vaches et privilèges!
L'austérité est de rigueur et elle va durer... pendant plus de 100 ans!
  
Elles vivaient recluses les nonnes, sans contact avec l'extérieur, ici le parloir quadrillé de barres de bois et le passe plat en tourniquet pour leur permettre de recevoir des présents sans contact humain.

L'entrée du monastère.                                                              Le cloître des novices

Des passages de couleur bleu et une placette bleue aussi.

Et puis c'est toute une rue de couleur blanche                              ou orange.

Il y a six rues en tout, elles portent toutes un nom espagnol: Séville....

Surprise, le clocher de la chapelle                                               puis la chapelle toute ronde.

encore une placette bien fleurie                                                  et le lavoir composé par des demi-jares ou on lavait le linge.

 une vue du sommet de la chapelle.
Aujourd'hui, il reste encore quelques religieuses. Depuis la visite du pape Jean Paul II, elles ont le droit de sortir et de parler, ouf!
mais elles vivent à l'abri du regard des touristes.
Nous sommes restés trois heures à déambuler dans ce "village" calme et serein situé pourtant au centre de la ville
et nous avons adoré, et vous?
Partons maintenant pour la visite du Musée Sanctuarios Andinos
Juanita, la jeune fille du volcan Ampato a été découverte le 8 septembre 1995 par l'anthropologue américain, le Dr Johan Reinhard.
C'est le produit de plus de 15 ans de recherches sous la responsabilité de l'université catholique de Santa Maria de Aréquipa.
Le volcan Ampato, d'une altitude de 6380 m, a gardé en son sein près de 550 ans cette jeune fille Inca qui au moment de sa mort avait 12 ou 13 ans. Elle a été offerte au volcan Ampato par les prêtres Incas de ce temps là. 
En 1995, suite à l'éruption du volcan Sabancaya, la glace se mit à fondre, la petite momie dévala la pente du cratère.
C'est le guide Miguel Zarate, un Aréquipien, qui trouva Juanita le premier, il était temps, elle n'était plus dans la glace.
La jeune fille d'un milieu noble, choisie pour sa beauté, son intelligence certainement, a dû voyager jusqu'à Cusco
ou se trouvait le grand chef Inca.
Ce dernier lui a transmis sa divinité et à partir de ce moment là, elle a pris conscience de sa mort et du contact avec les dieux
de la montagne, l'Apu Ampato, ou elle serait offerte à la divinité dans un voyage sans retour.
Juanita a dû monter les 6300 m au sommet du volcan Ampato.
On a retrouvé sur elle un petit sac qui contenait des feuilles de coca. 
Dans un autre sac, son cordon ombilical pour soigner les maladies,
comme cela se faisait à cette époque.
Les scientifiques pensent que la jeune fille a dû être endormie avant de recevoir le coup de grâce, car c'est bien un bon coup sur la
tempe droite qui l'a tué.
D'autres momies d'enfants ont été retrouvées, treize en tout.
Elles étaient accompagnées d'offrandes: vase de chicha (bière de mais), statuettes de lamas en argent, figurines recouvertes
de tissus. Les Incas faisaient des sacrifices humains afin d'apaiser la colère des divinités. 
S'il est intolérable pour nous d'assimiler ces coutumes, il faut néanmoins savoir que les Incas et même les indiens actuellement, considèrent les éléments naturels comme des êtres vivants .
Nous ressortons "tout chose" du musée et nous partons en courant à l'hôtel car nous avons un rendez-vous.
Pour la première fois depuis le début du voyage, nous allons voir notre petite famille en direct, merci skype et vive le progrès!
 
Maintenant, il faut quitter notre hôtel ou nous étions comme des coqs en pâte,
et dire adieu à Aréquipa, sniff....
Allez ponpon, une plongée dans le désert et un attérrissage sur..........................les lignes de nasca!

Qui voulait un désert de sable comme au Sahara?

Eh bien, il est là!
Des montagnes de sable dominent de leur hauteur, le sable fin dégouline des flancs et passe sur la  route pour aller former
des dunes de l'autre côté, près de la mer.
Puis, les vents marins soulèrent ce sable et le renvoient vers les montagnes et c'est un ballet incessant.
Parfois, on a l'impression de montagnes enneigées au loin et en se rapprochant on  voit de grandes dunes de sable blanc.
De Ica à Paracas, nous avons l'impression d'être dans le Sahara
avec des traversées d'oasis.


Des dunes de forme et de couleur différentes.

Le bord de mer avec ses "paillotes" habitées.

C'est la saison de la cueillette des oranges et mandarines, il y en a des quantités sur les étalages au long des routes et
elles sont délicieuses.
Puis, nous traversons une grande oliveraie et c'est un nouvel arrêt pour acheter de la bonne huile d'olive et un miel bien
particulier.

De fil en aiguille, la ville de Nasca se profile à l'horizon, mais, nous allons faire une halte au cimetière de Chauchilla.
Une piste sableuse de sept kilomètres nous amène dans la vallée de Trancas, au cimetière de Chauchilla.
Une nécropole de 1 kilomètre de long sur 200 mètres de large qui date de l'an 200 avant J.C. et 900 après J.C. de la
culture Icachincha.
Les pilleurs de tombes ont fouillé cette nécropole de fond en comble, on remarque dans le sol les nombreux creux ou se trouvaient les tombes. Lorsque le gouvernement Péruvien a pris conscience de la nécessité de sauvegarder ce site, il était bien trop tard,
il ne restait plus rien!
Une douzaine de tombes rectangulaires, avec trois compartiments le plus souvent sont construites en adobe.
Elles ont été mises à jour et restaurées. On peut voir des momies dans la position assise, orientées vers le soleil levant.
Elles portent des vêtements de laine , une cordelette autour de la tête, les cheveux sont nattés et mesurent près de 2 mètres.
Beaucoup de bébés sont enterrés, entourés de lainage.
Tout ceci a été recomposé car "normalement" les momies sont entièrement enveloppées de plusieurs couches de tissu.
Des poteries, enfin le peu qu'il reste sont disposées à leur côté.
Des morceaux de tissu, de la laine d'alpaga, des ossements jonchent l'étendue du cimetière. 
  

La nécropole avec les tombes.

Une momie dans le musée.                                                       Les cheveux tressés mesurent près de 2 mètres.

Après avoir vu des momies noires (6000 ans avant J.C.) au musée San Miguel de Azapa au Chili,
des momies congelées au musée de Salta et à Aréquipa au Pérou, c'est aujourd'hui des momies desséchées.
Eliane dit avoir vu assez de momies et que le chapitre est clos sur le sujet.  

Seul dans le désert! 

Ponpon pense, lui,  qu'une nuit passée dans une station service, serré en sandwich entre deux semi-remorques, c'est pas le Pérou!
Au fait, d'ou vient cette expression?
Peut-être un certain Francisco Pizarro, illettré, fils abandonné d'une prostituée, parti faire fortune au Pérou.
Confronté à la lassitude et au découragement de ses compagnons, il trace une ligne sur le sol et dit:
"Ici, c'est le Panama et la misère, là, c'est le Pérou et ses richesses"
Donc, après une nuit passée dans une station bien animée, nous nous offrons une nuit surréaliste en plein désert, seuls au monde
, dans un fabuleux silence.............. avec les momies.

Nous quittons ce territoire irréel digne  de la Nuit des morts vivants pour nous rendre vers de mystérieuses lignes:
Les lignes de Nasca
C' est en 1927 puis en 1939 que furent découvertes les "lignes de Nasca" à partir d'un petit avion.
Ce sont des dessins gravés dans le désert de sable et de pierres. ces motifs, qui dateraient de l'an 300 et de l'an 900 de notre ère, représentent des animaux, des oiseaux, une fleur, une main, un arbre.
Certaines de ces figures franchissent des montagnes, des ravins ou des collines.
Elles sont creusées sur 10 à 30 cm de profondeur dans la terre ou la roche.
Maria Reiche, une mathématicienne passionnée par le sujet pense que les dessins correspondent à l'astrologie.
D'autres pensent que les lignes sont des repères de veines hydrauliques souterraines, il faut dire que les habitants avaient une très grande connaissance en ingénierie hydraulique puisque 1000 ans après, les canaux d'irrigation fonctionnent toujours!
D'autres enfin, voient dans ces lignes, une manifestation extra-terrestre.
Depuis 1934, elles sont inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco, grâce au travail de Maria Reiche.
Depuis le mirador nous avons pu voir trois motifs, l'arbre, la main et le lézard qui est coupé par la Panaméricaine.

La Panaméricaine.                                                                    La main

L'arbre                                                                                     La main.

C'est dans ce mirador, haut perché, que nous avons rencontré des Canadiens bien sympathiques et nous en avons profité pour tailler une bonne bavette!


Infos aux camping-caristes et aux nouveaux camping-caristes:
Passage de la frontière Chili/ Pérou
  • Il faut acheter un formulaire de douane (c'est un particulier qui nous l'a proposé mais on peut l'acheter dans le bâtiment escalier de droite) coût 500 pésos chiliens
  • police avec présentation de ce formulaire.
  • immigration.
Entrée au Pérou:
  • Remplir  un formulaire de déclaration immigration par personne puis présentation à la police.
  • Inspection du véhicule.
  • tampon de la douane qui donne un "macaron" à apposer sur le pare brise.
  • tampon de la police.
Ouf! 2 douanes de contrôle et on peut partir!
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Nous avons pris une assurance pour le Pérou à Aréquipa:
La Positive à l'angle de la rue Ucarte et San Fransisco   130 sols pour 1 an.
Inutile de discuter,pour un mois c'est le même prix, ils assurent pour un an,
les passagers sont assurés essentiellement, pas le véhicule.
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A Aréquipa, nous n'avons pû retirer que 400 sols à la fois, frais 7,50 sols par retrait.
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Le prix d'entrée du cimetière de Chauchilla est de 5 sols/personne
Entrée du monastère de catalina 30 sols/personne
Entrée du musée (Juanita) 20 sols/ personne
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A 135 Km avant d'arriver à Aréquipa, le restaurant Mirador à Tambo de Oro vaut la peine de s'arrêter S°17° 1774 W 71° 41.508 




La poursuite du voyage nous réserve encore bien des mystères.
Nous vous invitons à nous retrouver............................dans la réserve de Paracas et les îles Ballestras.