Punta Tombo (du 13 au 14 Octobre 2009)

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La baie aux éléphants et lions de mer

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 Ushuaia 







Punta Tombo est à 189 Kms de Puerto Madryn, on y accède par la route n° 3 puis par une belle piste de ripio de 20 Kms.
C'est une pointe rocheuse avec une plage qui monte tout doucement vers la steppe semi-aride.
En 1947, les pingouins de Magellan se sont installés et depuis ils se sont multipliés, en Septembre et Octobre, on en dénombre plus d'un million!!
Chaque buisson a son nid creusé en forme de terrier.
Quel drôle d'animal!
Du haut de ses 55 cm, il est beau le pingouin de Magellan noir avec des bandes blanches sur le devant.
Avec sa démarche à la "Charlie Chaplin", il n'hésite pas à faire un long trajet de son nid à la mer.
Dans l'eau il est leste et rapide,
il  se nourrit de poissons et pèse 4 à 5 Kgs.
Au mois d'Août, le mâle arrive en premier et se dirige tout droit sur le nid de l'année précédente, il attend sa compagne.
Au mois de Septembre Madame arrive et s'installe dans le nid, elle y pondra ses
œufs, deux en tout.
A tour de rôle Monsieur et Madame couvent leurs 
œufs et veillent avec attention.
C'est qu'il faut être vigilant car il y a des envieux, cormorans et mouettes montent la garde à côté, guettant l'occasion de chiper un 
œuf
pour agrémenter le menu du quotidien!
Et lorsque les
œufs sont trop bien gardés, mouettes et cormorans n'hésitent pas à tirer les brindilles du buisson pour déloger les pingouins,
et, si cela ne marche pas, ils s'avancent pour les piquer de leur bec!
Dans le nid nous avons rarement vu 2 
œufs, le plus souvent il n'y en avait qu'un seul, l'autre avait été gobé par les oiseaux.
 
Punta Tombo
 
Les pingouins forment un couple fidèle et vivent jusqu'à 25 ans.

Un cormoran très intéressé.


Après une nuit très fraîche passée sur le parking du site au milieu des pingouins (au fait savez-vous qu'ils "couinent" même la nuit?), nous prenons la
direction de Camarones par la piste.
Ponpon n'apprécie pas notre choix: 150 Kms de ripio,  lui qui adore la belle route trois!
Les nombreux guanacos, les choiques, les brebis, les chevaux seront nos seuls compagnons de voyage
pendant toute la durée du trajet................et elle fût longue!
Nous n'avons pas croisé un seul véhicule.
Par chance, le vent nous fait la grâce de ne pas souffler.
Notre pauvre Mistral Provençal ne rivalisera jamais avec le vent Patagonien!
La poussière apportée par les vents et la piste n'est toujours pas notre amie, elle ne se gêne pas pour "squatter" ponpon
aussi nous avons tout mis sous plastique: appareils, provisions, assiettes, couverts....
Mais revenons à notre piste: à Cabo Rosa, un village de trois ruines, un camion et un chien, la piste longe le bord de mer.
La couleur de l'eau nous surprend, elle est d'un  bleu roi très foncé.
Nous nous arrêtons pour la voir de plus près, un couple de lions de mer d'une couleur chatoyante est assis sur le sable, nous serons très discrets
pour ne pas déranger leur intimité.
A 50 Kms avant l'arrivée à Camarones, le paysage se colore de touches de jaune, rouge, blanc.
La steppe est vallonnée et la piste fait des montagnes russes.
Après avoir traversé ces paysages sauvages, ponpon nous dépose à Camarones......................6 heures après!!
Il se précipite sur l'unique pompe à essence....... il a trés soif!

Camarones (du 15 au 16 Octobre 2009)
Camarones est un petit village avec son port et son industrie du saumon, il est situé non loin de la lobéria de Cabo dos Bahias.
Ponpon adore les plages aussi nous l' installons sur une plage de pêcheurs à côté de Camarones.
Le lendemain, direction Cabo Dos Bahias, une "lobéria" de pingouins et de lions de mer.
On y accède par une piste en plus ou moins bon état.
 
 
Une piste de 26 Kms mène à Cabo Dos Bahias                                               ponpon se prend pour un 4/4!


Un jeune Guanaco qui se désaltère.                                                                Les pingouins ont élu domicile à côté de la plage.

  Ils n'ont pas fini de nous charmer .


Sur le chemin du retour, les flamands roses nous saluent d'un tirant d'aile.          Paisibles, les guanacos lèvent la tête.

Nous avons été seuls sur ce site et encore une fois, quel plaisir de baigner dans cette nature protégée!
Ponpon retrouve vite son bivouac prés de la plage.
C'est la marrée haute, les  pêcheurs arrivent, il y en a  une dizaine.
Ils sont munis d'une canne à pêche avec 
3 hameçons au bout et d'un seau blanc de 10 Kg.
Fasciné, Jacques les regarde sortir les poissons deux par deux et remplir leur seau en un temps record.
Sans plus attendre il sort sa canne à pêche et s'installe un peu plus loin.
Un pêcheur lui fait signe de se rapprocher  prés d'eux.
Au repas du soir, Jacques nous régalera avec des "merluchons" tout frais.
Attiré par les beaux poissons, un lion de mer vient prendre aussi son repas.
Il sort la tête de l'eau, plonge pour attraper les poissons.
Jacques retirera sa canne à pêche de l'eau pour ne pas risquer de le blesser.
Eliane regarde le spectacle touchant ou les hommes sont en harmonie avec la nature généreuse.

 

Sur la "Ruta très"(route n°3)  (du 17 au 18 Octobre 2009)
La route continue, le paysage change, la steppe est parsemée de pompe à pétrole qui extraient le précieux or noir.
Les villes ne sont pas belles, nous nous installons au camping de Rada Tilly.
Deux jours seront nécessaires pour chasser la poussière de ponpon.

Un derrick                                                                                                       Un bout de piste

10 Kms avant l'entrée dans la ville de Caléta Olivia, une file de camions stationne sur le bord de la route, ponpon prend
la queue et nous allons à la pêche aux infos.
Les camionneurs parlent de grève et de blocage jusqu'au soir.
Tout ce petit monde prend son mal en patience. 
Après 5 heures d'attente, un véhicule s'arrête et
nous dit qu'il y a une piste qui coupe à travers la montagne.
Il se propose de nous montrer le chemin.
La piste de terre démarre par une côte abrupte qui oblige ponpon à reculer
jusqu'en bas et de s'y reprendre à plusieurs fois.
Une fois, deux fois, ponpon ne peut pas la franchir, puis, avec un grand élan, la troisième fois est la bonne.
Arrivés en haut de la côte, c'est l'horreur!!
On découvre avec stupeur la piste qui fait des montagnes russes si prononcées que l'on ne voit plus le sommet qui se perd dans les nuages!!
Eliane se dit que l'on va se retrouver piégé entre deux côtes et veut rebrousser chemin.
Notre "ange gardien" nous assure qu'il n'y a pas de problèmes.
Nous lui ferons confiance et arriverons au bout de nos peines!
Bravo ponpon!!
Exténués par ces péripéties, nous nous arrêtons dans une station essence pour le bivouac du soir.
Dan
s la nuit, les centaines de camions enfin débloqués défileront allègrement à la queue leu leu dans la station.

Nous quittons la route trois pour obliquer à gauche et prendre la route 281 qui nous amène tout droit à une pointe au bord de l'eau:
c'est Puerto Déséado.

Puerto Déséado ( du 19 au 20 Octobre) 
est un port et un gros bourg avec ses larges "quadras".
Des petits îlots, des rochers, parsèment les eaux de la mer argentine.
C'est un lieu
de prédilection pour les oiseaux.
Pour admirer de plus près cette faune généreuse, nous faisons un tour de 2 heures en zodiac, il fait beau et presque pas de vent!

Prêts pour le départ!                                                                                       Des dauphins blancs et noirs passent sous le zodiac, ils jouent et sautent.

Nichés dans anfractuosités des rochers: les cormorans impériaux                      et des cormorans gris.

Le nid est fait avec des algues mélangées aux excréments, au fur et à mesure des années, il grossit.
Certains nids peuvent atteindre l'âge de 500 ans!! 
 
                                                Un si charmant tableau........


Sur un rocher: une colonie de lions de mer (pas aussi beaux que ceux de Ninfas!)  Sur un ilôt: une colonie de pingouins.

Nous revenons enchantés par cette promenade.
Puerto Déséado, qui n'est pas citée par les guides touristiques est un lieu d'une grande richesse faunique.
Nous reprenons la route en sens inverse et refaisons nos 126 Km dans un paysage totalement plat.
Des touffes d'herbe rase allongent leur racine pour s'accrocher sur cette steppe semi-aride, empêchant cette dernière de devenir un désert de sable.
Tout est rond, nous avons l'impression que le paysage a été tracé à l'aide d'un compas et que nous sommes au sommet ou peut être sommes-nous
.................... au bout de la terre?   

Avant d'arriver "au bout de la terre", un petit détour à la forêt pétrifiée de Jaramillo s'impose!
50 Km de ripio bien caillouteux nous y amène, le pauvre ponpon en est tout secoué!!
 
Les Bosques Pétrificados de Jaramillo (du  21 au 22 Octobre)
Crée en 1954, le monument National des Forêts pétrifiées est une porte d'accès au passé.
Pendant le Jurassique, il y a environ 150 millions d'années, à l'endroit ou se trouve aujourd'hui la forêt pétrifiée,
existaient des forêts d'arbres gigantesques, ancêtres des Araucarias actuels. 
La Cordillière des Andes n'existait pas, l'océan
Atlantique n'existait pas encore et l'Amérique était unie à l'actuelle Afrique.
Ce fut une époque d'intense activité volcanique, au cours de laquelle d'immenses forêts succombèrent à des vents violents,
et furent entièrement recouvertes d'un manteau de cendres volcaniques.
Par la suite, l'eau des pluies, en passant à travers la couche de cendres volcaniques se charge de minéraux, puis pénètre
et se cristallise dans toutes les cavités et les espaces vides du bois des arbres.
C'est un processus de plusieurs millions d'années que les paléontologues appellent silicification ou pétrification.
(On ne peut que louer les Parcs Nationaux d'Argentine qui font un travail remarquable d'information et de préservation du territoire)


Le paysage des" Bosques Pétrificados"


Oui, ils sont vraiment en pierre!



Les araucarias primitifs gisent à l'endroit exact ou ils ont grandi.
Ils mesuraient jusqu'à 100 mètres de haut et avaient plus de 1000 ans lorsqu'ils succombèrent.
Le petit musée, situé à l'entrée du site,est bien riche en informations:




 









oeufs de Choique (cousin de l'autruche)                                                           Le mâle forme un harem de femelles qui pondent leurs oeufs dans un seul et                                                                                                                            même nid, il peut y avoir 30 à 40 oeufs. c'est le mâle qui les couvera et qui                                                                                                                              s'occupera des petits.
Cela valait la peine d'être dit,  non?


Un vent, d'une violence 
inouïe, extrêmement dangereux à certains endroits du site,  nous a accompagnés durant toute la visite des Bosques Pétificados.
Le soir nous bivouaquons dans l'estancia "La Paloma" située à une vingtaine de kilomètres du site, un lieu surréaliste digne d'un film de western!
Nous avons la surprise de rencontrer des niçois en camping-car: Marie, Xavier et leurs 2 enfants; un bon moment  passé en leur compagnie.


Monte Léon (23 Octobre)
La "Ruta Très" passe non loin du parc Monte Léon,  alors, on ne résistera pas à l'envie d'aller y faire un tour.
Ponpon s'engage sur un chemin de terre et, après avoir traversé des paysages lunaires, se retrouve au bout d'une baie magnifique.
Là des pingouins, des oiseaux par milliers se sont  donné rendez-vous.
Quant à la grotte, vantée par le Lonely Planet, elle est effondrée depuis plusieurs années!
Nous sommes seuls au monde.
Le vent qui a enfin cessé de sévir laisse vite la place à la pluie puis à la neige!
Ponpon prend ses jambes à son cou, ou ses roues, et se précipite pour refaire ses 20 km de piste.
Glissant sur cette piste devenue visqueuse, il se retrouvera crotté jusqu'aux yeux sur la route 3, laissant derrière lui un paysage
déjà recouvert d'un manteau blanc.
Nous nous réfugierons dans l'estancia des "guadaparcs"(gardes du parc)  et surprise.......................nous retrouvons nos charmants niçois!!
Ces rencontres imprévues sont toujours des moments de bonheur.  



paysage lunaire du parc Monté léon                                                            Attention!  un bébé guanaco à l'affection  débordante!!



Infos aux futurs camping-caristes:
Le  prix d'entrée du parc à Punta Tombo est de 35 pésos /personne. La piste d'accès est bien. Le bivouac sur le parking est autorisé.
Le prix d'entrée de la réserve de Cabo Dos Bahias est de 2O pésos, nous avons bivouaqué sur la plage avant d'entrer sur le site mais on doit
pouvoir bivouaquer sur le site.
A Puerto Déséada, le prix de la ballade de 2 heures en canoë est de 140 pésos /personne. La route 281 est très bonne.
L'entrée aux bosques pétrificados est gratuite, la piste de 50 Km est très moyenne, voire mauvaise. On n'a pas le droit de bivouaquer sur le site
et il y a un seul endroit ou l'on peut bivouaquer, c'est l'estancia Paloma (cher et sans commodités).
Le point GPS des bivouacs dans la rubrique infos pratiques.



La route continue, bientôt Ushuaia la ville la plus australe du monde................................alors à bientôt! 



                                                               mise à jour le 11 Novembre 2009..................Ushuaia