de Iquique à Arica
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 La mine de Chuquicamata

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 Iquique
      164.000 habitants  (du 2  au 3 Juin 2010)
Une montagne de sable, des tours gratte ciel qui s'élèvent, sommes nous à Dubai?

Coincée entre une falaise aride et le pacifique, Iquique s'étale en longueur sur plusieurs kilomètres.

Une allée de palmiers et du gazon bien vert accueillent avec bonheur le voyageur après des centaines de kilomètres de désert.

Maintenant, pour parler d'Iquique, il faut aller faire un saut dans le passé.
Nous sommes sur le territoire des indiens Changos qui échangeaient les produits de la pêche et le guano avec
les tribus de l'altiplano.
Puis, les Espagnols arrivent et s'installent pour exploiter les mines d'argent de Huantalaya.
Cette région appartenait alors au Pérou qui développe l'industrie du salpêtre.
C'est une industrie qui prospère entre les années 1880 et 1920 aussi Iquique se développe et s'orne de bâtiments
hauts en couleur.
Rien n'est trop beau, il n'y a qu'à voir le casino Espagnol, le théâtre...
Entre temps, Iquique devient Chilienne en 1883 après la guerre du pacifique.
En 1920, elle voit son âge d'or se terminer avec la crise du salpêtre qui est remplacé par des produits de synthèse.
Pour sa survie, la ville est déclarée zone franche détaxée ce qui a pour effet de stimuler les industries du poisson et les conserveries.

Nous sommes allés à la rencontre des beaux bâtiments du passé, en passant par la rue Baquenado qui aligne ses maisons
en bois de pin d'orégon aux façades tons pastel.

Le thêatre                                                                                Le casino espagnol.

L'intérieur du casino.                                                                 Dans la rue Baquenado.

rue Baquenado.

Pica  (le 3 Juin)
Nous restons peu de temps à Iquique et nous lui préférons des lieux plus calmes:
ce sera les oasis de Matilla et Pica.
Nous faisons un petit détour pour aller à la rencontre de ces deux oasis.
La route rectiligne à souhait défile au milieu d'un paysage entièrement désertique.
Au bout d'un moment, nous écarquillons les yeux sur une tache verte à l'horizon.
Ce n'est tout de même pas Pica que l'on voit, il y a encore 40 kilomètres !!
Et bien si, c'est Pica, une oasis, une vraie avec des orangers, des citronniers et des palmiers, des fleurs, des fruits,
des légumes et de l'eau.
Un havre de paix et de fraîcheur....
Une halte pour recharger les batteries et faire le plein de légumes et de fruits exotiques sur le marché local.
Elle paraît tout prés l'oasis de Pica mais il y a plusieurs dizaines de kilomètres.    La cathédrale de Pica.
  

une vraie oasis avec des fleurs et des rues arborées.

Nous repartons de ce petit village de 300 habitants en emportant avec nous le goût de délicieux jus de fruits à la mangue , goyaves...

Los Pintados
Le salar de Los Pintados est entouré de montagnes bien curieuses!
Les montagnes sont ornées d' énormes dessins sur leur flanc. Ces géoglifos dateraient de 1000 à 1400 ans après J.C..
Ils sont regroupés par thèmes: des animaux, des oiseaux, des humains ou des dessins abstraits.
Quel travail! on en compte plus de 400!! En voici quelques uns sur les 400....

dans le salar de Los Pintados.

A chacun d'imaginer la représentation......

Humberstone (le 4 Juin)
Il existe une ville entière abandonnée,
une ville fantôme qui a abritée plus de 5000 habitants.
Elle est là, entourée par de hauts murs,
 le climat sec a ralenti sa déchéance et certains vieux bâtiments ont été restaurés.
     
Humberstone la ville fantôme.
Sa construction a débuté en 1862 sous l'impulsion d'un ingénieur Britannique, James Humberstone qui lui donna son nom.
A cette époque, 3000 mineurs travaillent à  la mine de salpêtre attenant à la ville.
Depuis la découverte des produits de synthèse, la mine a dû fermer et Humberstone est désertée depuis les années 1960.
Depuis plusieurs dizaines d'années, une corporation d'ex-ouvriers entretient et rénove les lieux pour que perdure
les témoignages du passé.
On y retrouve tous les édifices importants: école, théâtre, marché......alors partons ensemble à leur rencontre.

Les jouets faits de boîtes de conserve et de fil de fer ont été conservés ainsi que les outils de l'époque.

Une des rues d'Humberstone.                                                    Ne vois-tu rien à l'horizon?

L'école en partie restaurée était importante , au mur on peut lire les noms des élèves présents.  Jacques, lui, est bien présent!

Le théâtre avec ses sièges en bois.                                              la boulangerie et son four à pains.
Cette ville est certes abandonnée mais nous n'avons pas eu le même sentiment qu'à Chuquicamata dont le destin est d'être enterrée.
C'est un témoignage du passé qui a été conservé et qui lui donne une vie par son histoire.
   
Pisagua  ( 5 et 6 juin)
Un coucher de soleil de rêve nous accompagne tout au long de la route qui mène à Pisagua.
De mémoire, nous n'en n'avons jamais vu d'aussi beau.


Le jour tombe vite, à 18 heures il fait nuit.
Pisagua est un ancien port situé au bord du pacifique, pour l'atteindre, on doit franchir les montagnes et descendre
jusqu'au niveau de l'eau.
Un brouillard épais se met de la partie, nous distinguons sur le bord de la route une carcasse de voiture rouillée et
un panneau que l'on ne peut pas déchiffrer mais qui se laisse deviner.

Ponpon est sur le frein moteur en première et on serre les dents!
Ils ont été bien longs ces 10 kilomètres! Ponpon, c'est promis, on ne te le refera plus...
Nous nous arrêtons devant les carabinéros pour demander le chemin du camping.
Pour y accéder, nous traversons les ruines qui sont un ancien port et une voie ferrée, nous le serons le lendemain.

La journée de dimanche ne commence pas sous les meilleurs auspices!
Dans le brouillard on distingue à peine ponpon qui stationne au milieu des ruines habitées par de gros vautours noirs!

La même réflexion nous vient à l'esprit: " mais que sommes nous venus faire ici?"
Jacques essaiera tout de même de pêcher mais un énorme poisson emmènera les hameçons et peu s'en est fallu qu'il emporte
la canne.........et lui avec! mais là, c'est son côté Marseillais qui domine!
A 15 heures, un soleil bienfaiteur arrive à percer le brouillard et c'est avec du baume au coeur que nous partons à la rencontre
du village et de ses habitants.

Nous rencontrons Catherine qui est Québécoise et Rafael qui est Chilien, tous deux exploitent un
joli hôtel sympathique avec vue sur le pacifique façon Pablo Nuréda ( voir Isla Négra).
Autour d'une bonne bouteille de vin blanc ils nous parlent de leur village qu'ils aiment, alors, écoutons les.......

 
Pisagua était un grand port qui comptait 15 000 habitants en 1915.
A cette époque, les mines de salpêtre étaient exploitées et le salpêtre acheminé par le train qui grimpait à l'assaut des montagnes pour finir sa course devant le port ou il se délestait de sa cargaison. Il était alors embarqué sur les bateaux.
Pisagua a toujours été un grand port, il appartenait au Pérou mais après la guerre du pacifique ( 1879 - 1883), il est devenu Chilien.
Le déclin de cette industrie fût la fin de beaucoup de villes et de celle de Pisagua.
Petit à petit, les habitants ont déserté la ville, les beaux bâtiments construits en pin d'orégon apporté par les bateaux à vide souffrent de la proximité de la mer et se dégrade.
Le port n'est que ruines ainsi que le chemin de fer.
Le magnifique bâtiment bleu du théâtre résiste pour le moment, la pompeuse caserne des sapeurs pompiers s'accroche et l'immense
prison rose est toujours là pour rappeler les atrocités commises il y a 25 ans sous la dictature de Pinochet.


En rose, la prison ou Pinochet a fait enfermer, torturer et tuer des centaines d'opposants à son régime de dictature.
En bleu, le théâtre construit au ras de la côte ou l'on entend le bruit des vagues qui tapent sur les rochers.


La rue principale de Pisagua.
  
Le théâtre avec ses sièges en bois marqués d'un P. et le magnifique plafond peint.

Cela fait mal de voir partir à tout jamais un patrimoine si riche, les beaux bâtiments de bois qui tombent en lambeaux, toute une
vie bafouée. Ce patrimoine, Catherine , Rafael et les gens du village se battent pour le sauver.
Rafael milite pour que Pisagua redevienne un port.
Nous avons été très émus en visitant le théâtre, la municipalité et  nous espérons que l'Etat Chilien prendra conscience du besoin de préserver l'histoire de son passé.
Aujourd'hui Pisagua compte 300 habitants qui vivent de la pêche  surtout des coquillages.
Il y a une toute petite école qui s'arrête au CM2. très peu d'enfants continuent leur scolarité, il faut aller à Iquique et cela revient cher. 

Notre voisin au camping                            les rochers sont recouverts de guano          les algues sont mises en ballots et vendues

En nous promenant dans Pisagua, nous avons rencontré les habitants au restaurant, au bar, au mini market ou dans la rue.
Sous une apparence discrète, ils sont heureux d'échanger quelque mots avec les voyageurs.
Avec une certaine nostalgie nous avons retrouvé l'ambiance chaleureuse de notre propre village du Luberon..........il y a 40 ans de cela!! 

Restaurant chez Monica ou nous avons mangé les meilleures coquilles Saint Jacques gratinées ultra fraîches, nous nous en léchons encore les babines.
Notre voisin de table est le sosie de la photo sur le billet de 1000 pésos!
Nous disons adieu à Pisagua et à ses habitants chaleureux mais ponpon a encore beaucoup de route à faire.

 
départ de Pisagua.                                                                     
 
Les paysages traversés réservent souvent des surprises comme ce cimetière au milieu de nulle part.

Au Km zéro ? des oeuvres d'art perdues dans le désert....
 
Elle est bien drôle la route qui nous amène à Arica, elle monte à l'assaut des montagnes puis elle descend aussi rapidement
que sa montée, elle longe le flanc de la montagne de gauche puis de la montagne de droite.
Et tout au long de cette route de nombreux sanctuaires dédiés à la mémoire d'un disparu mort sur cette route.

En bas, au fond de la québrada, une village nous fait stopper!
Des baraquements de planches entourés de clôtures faites de tôles s'étalent tout au fond dans le lit du rio.
Il est vrai que le rio ne doit pas couler souvent! Loin de tout, on se demande de quoi peuvent vivre ces gens et pourquoi ils s'entourent de clôture comme ceci!
Après avoir monté et redescendu à souhait, nous arrivons dans la ville d'Arica.

Arica     175 500 habitants ( 7 et 8 Juin 2010)
Arica est située à l'extrême nord du Chili, à proximité immédiate avec le Pérou et à quelques heures de la Bolivie.
Installée au bord du pacifique, elle bénéficie d'un climat chaud toute l'année et de belles plages pour bronzer.
La baignade quant à elle reste dangereuse car le Pacifique n'est pas pacifique du tout!
Arica fût fondée en 1565 par les Espagnols qui en font un port pour faire transiter le minerai d'argent des mines de Potosi en Bolivie vers l'Europe.
Mais avant, dès 6000 ans avant J.C. elle était habitée par les indiens chinchorros qui faisaient du commerce avec les tribus de l'altiplano en Bolivie.

Le parking préféré de ponpon prés du centre ville.                       Les petits écoliers en uniforme.

La cathédrale San Marco est une oeuvre de Gustave Effel.
Elle a été fabriquée dans les ateliers à Paris puis transportée par bateau en pièces détachées pour être remontée sur place en 1876.
Sa façade est de style gothique et à l'intérieur les piliers et les arcades sont en fer forgé.
 
L'ex- douane est aussi une oeuvre de Gustave Effel construite en 1874.
Nous nous sommes promenés dans les rues animées de cette ville avec plaisir, les rues sont animées à toute heure de la journée
tous les jours.
A une quinzaine de kilomètres d'Arica, la vallée de Azapa offre de belles cultures d'oliviers, une vallée bien rafraichissante en plein désert.
C'est dans cette vallée que se trouve le magnifique musée de Azapa qui nous retrace les différentes cultures indiennes chinchorro,
tiwanaku et la civilisation inca. On y voit les plus anciennes momies du monde 6000 ans avant J.C. que l'on appelle les momies noires. La technique consistait à désarticuler le corps du défunt et le recomposer à l'aide de terre, de bois, de résine et de l'enduire ensuite avec une pâte noire de manganèse.
 
un musée bien intéressant.

Avec Arica se termine notre séjour au Chili.
Nous avons apprécié ce pays, nous gardons le souvenir du magnifique parc Torrès del Paine, le séjour à l'île de Pâques, Valparaiso et Isla Nègre..Autant de lieux qui nous ont émerveillé.
Les habitants ont toujours été charmants à notre égard, nous renseignant spontanément en nous voyant consulter notre carte.
Les rencontres avec les Chiliens ont été chaleureuses.
Même si la police est à cheval sur les règles, elle a au moins le mérite de ne pas être corrompue.

Toujours à la découverte d'autres pays et coutumes, nous vous emmenons ............................ au Pérou













































































































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